3 questions à …
Fabrice Bidault, coureur et journaliste à France 3 Nouvelle-Aquitaine

Fabrice Bidault est un habitué du Marathon de La Rochelle Serge Vigot, il s’est prêté de nombreuses fois à l’exercice du Marathon, en tant que coureur… mais aussi en tant que journaliste, en chroniquant « de l’intérieur » la course pour France 3 (diffuseur du Marathon).

1- Comment vous êtes-vous retrouvé coureur-journaliste sur le Marathon de La Rochelle ?

En 2010, pour la 20ème édition, on m’a proposé de courir le marathon et de le retransmettre en direct. J’avais déjà fait peut-être une vingtaine de marathons, à titre strictement personnel. Cette année-là, je l’ai fait pour la première fois en tant que journaliste et marathonien. Je pensais le courir en 3h mais j’ai perdu la moto qui me suivait avec la caméra. J’ai donc couru beaucoup plus vite pour essayer de la rattraper en pensant qu’elle était devant moi sauf qu’elle avait fait demi-tour et était derrière ! On s’est retrouvés au 15ème km mais j’étais parti sur ma lancée et j’ai finalement terminé ce premier Marathon en direct en 2h48 ce qui m’a surpris moi-même et m’a procuré une joie incroyable.

Cette édition ayant vraiment bien marché, on a recommencé l’année suivante. Pour la 21ème édition on a raconté une autre histoire, celle de 2 frères, l’un de Limoges, l’autre de Normandie. On a couru tous les 3 ensemble jusqu’à l’arrivée, en un peu plus de 2h56. Ce jour-là, le petit frère a réussi à battre son record avec l’aide de son grand frère. Une belle histoire de fraternité, d’entraide, une grande émotion aussi.

Et puis on a essayé de se renouveler chaque année, en racontant autre chose, selon l’époque, la forme que j’avais, la disponibilité pour m’entraîner. Il y a par exemple une année où je l’ai couru en direct et en intégralité sur Facebook en 3h25, sans jamais m’arrêter de parler !

En vivant ce marathon de l’intérieur, j’ai voulu démontrer qu’avec un peu d’entraînement et de sérieux dans sa préparation, le marathon est accessible à n’importe quel coureur à pied qu’il soit aguerri ou simplement coureur du dimanche ! Le marathon n’est pas qu’une affaire de spécialistes, d’acharnés, d’athlètes de haut niveau. J’ai croisé sur le parcours des coureurs de tous les âges, de tous les styles, de tous les gabarits, avec des histoires personnelles parfois étonnantes.

2- Après avoir couru onze fois le Marathon de La Rochelle, comment décririez-vous le parcours ?

C’est un parcours plat, rapide et extrêmement agréable pour un coureur, et contrairement à ce qu’on dit souvent, les conditions météo y sont souvent très favorables. Je me souviens notamment de l’édition 2006 où l’on avait couru fin novembre avec un temps véritablement printanier, en débardeur dans des conditions parfaites. Et puis, le cadre et l’ambiance sont absolument incroyables, notamment le passage sur les quais au semi-marathon, mais aussi l’arrivée, avec les derniers 1000 m depuis la Place de Verdun jusqu’au Cour des Dames où l’on a l’impression d’être au tour de France !

3- En 2019, vous avez participé au Marathon en tant que meneur d’allure. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Pour moi ça a été un immense plaisir. Sur les 25/30 premiers kilomètres, on était vraiment un très gros groupe. J’avais fait le choix d’être le dernier des meneurs en 3h pour être en quelque sorte « la voiture-balai » des 3h. On plaisantait, on se racontait des blagues, j’essayais de faire rire les coureurs, de leur donner des conseils, de les aider à se ravitailler, c’était du partage total. Puis après, comme toujours au Marathon, c’est devenu un peu plus compliqué pour notre groupe, et j’ai terminé en 3h et 57 secondes. 57 secondes que j’ai toujours en travers de la gorge, j’attends le prochain marathon pour passer sous les 3h ! En tout cas ça a été un vrai moment de partage, de communion. On dit que le marathon c’est un effort individuel mais en fait il s’agit d’un effort collectif, c’est une épreuve que l’on peut vivre ensemble. On n’est pas chacun dans sa souffrance mais les uns avec les autres.

Bonus : un souvenir marquant du Marathon à nous partager ?

Lors de la 20ème édition, au passage du semi-marathon, tous les organisateurs de courses présents ont décidé de rendre hommage au Marathon de La Rochelle. Organisateurs du Marathon de Paris, des Gendarmes et Voleurs, du Marathon du Mont St Michel… ils couraient sur une centaine de mètres, tous habillés de la même façon, portant chacun une lettre qui mises bout à bout formaient « Joyeux anniversaire ». Moi j’étais en plein direct, j’ai ralenti à leur hauteur et puis j’ai réalisé mon interview en courant avec eux. Cette image-là reste gravée parce qu’elle montre encore une fois que le Marathon c’est du vivre-ensemble, du partage et de l’amitié.

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